
Londres, le 10 Juillet 1897
Chère amie, dépêche-toi vite de t’en procurer un. Tu sais, ici, à Londres, la mode est toujours à l’avenant et j’en vois, de ces belles bourgeoises, habillées ainsi. Le long de la Tamise, quelques piscines ont été aménagées directement sur le fleuve et, de loin, lorsqu’il fait beau, ces belles bourgeoises se baignent avec délice en poussant des petits cris de joies et en barbotant de la plus belle des manières.
Bien sûr, nous n’y avons pas droit à ces endroits, ma caste ne le permet pas, mais j’avoue avoir passé quelques longues heures, de loin, à observer ces corps presque nus. Je ne suis pas le seul, du reste.
Mais le temps passe, le temps passe, tes lignes s’estompent dans ma mémoire et j’éprouve de plus en plus de difficulté à te saisir. Pourquoi donc ton mari est-il parti en France ? Pour combien de temps encore serons-nous séparés ?
J’imagine tes jambes serrées l’une contre l’autre, tendrement tendues sur la couverture de couleur posée à même l’herbe verte et sous la fraîcheur bienveillante de tes tilleuls.
Je vais t’envoyer un peintre de mes amis qui viendra te croquer lorsque tu seras seule.
Le veux-tu ?
Bien à toi,
Ton lecteur impatient.
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